1À présent la vie est pour moi
2Ainsi la vie ample et savante
3Un arbre est sous mes yeux, épais, brutal, splendide
4Des arènes de fleurs brillant auprès des portes
5C’est le jour tiède et mol où naissent les lilas
6Ce n’est pas toujours vous qui me portez secours
7Cela fut, et puis disparaît
8Chacun de vous, un jour, a refermé la porte
9La chambre, volets clos, yeux clos, chères ténèbres
10Chaque être souffrant seul croit qu’il a l’apanage
11Chaque jour j’entends qu’en silence
12Chaque matin m’accable et la couleur de l’air
13Chère ombre à qui je parle bas
14Des cœurs furent heureux le jour où tu es né
15Dans cette infinité, dans cette plénitude
16Dans l’âpre solitude où tu vis désormais
17Dans la douleur rien ne console
18De qui pourrais-je dire
19De quoi t’ai-je, en ce jour, frustré, cœur endormi
20Ébloui, pur, minutieux
21En expirant j’entraînerai
22En tremblant, mon regard descend
23L’enfance est une route ardue
24L’ennui, l’affreuse peine admise, et que l’on tait
25L’esprit net et le cœur hagard
26Être pâle, muet, immobile, absent, mort
27La femme, durée infinie
28Habitante éthérée et fixe des tombeaux
29Hier, j’ai traversé, comme je fais souvent
30L’homme s’attache à l’espérance
31Il convient que l’on appelle âme
32Il faut que je dorme ou que j’aille
33Il m’apparaît soudain que vous aimiez la vie
34Ils ont inventé l’âme afin que l’on abaisse
35Ils parlent ; ils ont tous le visage inquiet
36Ils sont morts, et mon cœur, secret de ma raison
37L’immobilité sous mon front
38J’ai bien servi le dieu sacré de la parole
39J’ai composé dans la souffrance
40J’ai connu la fiévreuse et mordante détresse
41J’ai dormi, j’ai pendant quelques instants rejoint
42J’ai quelquefois rêvé, travaillé, sans vous voir
43J’ai regardé d’un œil content
44J’ai su la vérité, j’ai vu tout ce qui passe
45J’ai tant souffert, je souffre tant
46J’ai vu, soudain étrange, ingrate et sans mémoire
47J’ai, ce soir, entendu les appels du hautbois
48J’aurais pu ne jamais connaître
49J’étais morte avec toi, retiens-moi dans ta tombe
50Jadis je m’aimais
51Je chante. Un chant répond. Mais ce n’est pas l’écho
52Je crois voir, entendre
53Je n’aurais pas été moi-même
54Je n’avais jamais rien à dire
55Je n’étais pas déraisonnable
56Je songe à ta main longuement
57Je suis où tu es, nulle part
58Le jour, hymne silencieux
59Lorsque déjà leur vie est affligeante et vaine
60Lorsque la mort, succédant à l’ennui
61Ma jeunesse n’est pas dans mes chants intrépides
62La mémoire loyale et triste
63Mon histoire aux nombreux visages
64Le monde épars s’agrège, et d’un doux mouvement
65Les morts qui m’ont aimée ont vaincu ta beauté
66Morts qui me fûtes chers, ne soyez pas jaloux
67Les mots ne sont rien, mais les preuves
68Naïvement, innocemment
69Ne te résigne pas à la douleur
70La neige, d’une chute égale
71La nuit, lorsque je dors et qu’un ciel inutile
72Nul lit, nulle chambre, nul toit
73Ô printemps, jeune passion
74Ô toi qui n’es pas né, vous qui tous êtes morts
75Parfois un cri faiblit, nul ne le jette assez
76Passant, je te sais gré de l’extrême torture
77La pensée alanguie et les membres à l’aise
78Le printemps naît subitement
79Puisque jamais plus je n’écoute
80Puisque mes yeux ont vu les lieux où tu reposes
81Puisque tu veux laisser survivre
82Quand j’aurai tout nié, l’azur encor m’émeut
83Quand je vois les esprits sans hauteur, sans colère
84Quand on s’est emparé par amour, par puissance
85Quand vous êtes partis, muets
86Que fait l’esprit dont l’homme a l’orgueil ? Nul ne sait
87Qui se plaint du sommeil ?
88Le renom, les conseils sages et bons, l’amour
89Rien ne me touche plus, je me sens morte aussi
90La rue a ce matin les teintes délicates
91Sages de tous les temps, de toutes les patries
92Sans t’aimer encor, j’aime encor ta voix
93Si l’esprit survivait à la chair, je saurais
94Si l’on songe à tout ce qu’on fit
95Si ta voix m’avait dit : Demeure
96Silence, mouvement, arpège
97Un subit désarroi court à travers mon sang
98Le temps est bref, les jours sont lents
99Les tombeaux. Tout l’oubli du monde épars
100Tout de toi me trompe : tu danses
101Tout est, et pourtant tout n’est rien
102Tout posséder, pour mon esprit
103Tu n’es plus ; je méprise, en le voyant survivre
104Tu sais si je suis seule, ô toi qui m’as aimée
105Un univers inique abolit nos justices
106Univers, je t’ai regardé
107Vanité, crainte, amour de soi
108Vivre n’est pas un bien. Les clairs instants sont rares
109Vivre, est-ce de subir un jour, et puis un autre
110Vivre, permanente surprise !
111Volupté : pleurs, sanglots, abîme, bonne mort
112Votre mort n’a pas été prompte
113Vous êtes mort un soir à l’heure où le jour cesse